Bistro-Disko

« Picasso de la pâtisserie »

« Picasso de la pâtisserie » selon Vogue, chef de file de la pâtisserie Haute Couture… Pierre Hermé a, au fil de ses création, élevé la pâtisserie au rang d’art en proposant, à l’image des plus grandes marques de luxe, des collections rythmées par les saisons.

Au sujet de son caractère élitiste et de ses prix de exorbitants, Christian Dior disait de la Haute Couture : “Elle représente un trésor d’artisanat consciencieux, un triomphe de tour de mai

n, une manière de chef d’œuvre (…) des centaines d’heures de travail”. Cette philosophie se retrouve dans la pâtisserie de Pierre Hermé.
Ses boutiques sont de véritables écrins destinés à révéler l’harmonie colorée des macarons-joyaux, ces délicats bijoux d’amande si représentatifs de l’Art de vivre à la française et du chic parisien. Et il faut parfois beaucoup d’audace pour pénétrer dans l’un de ces temples du luxe. Malgré ma passion pour les macarons, je ne franchis jamais le seuil d’une boutique sans que mon élan de gourmandise soit contrarié par un sentiment fugitif mais certain de pusillanimité.

Néanmoins, la toute dernière expérience de marque proposée par Pierre Hermé, un blind test ludique et gourmand, semble manifester une certaine conscience de l’intérêt croissant de l’ensemble de la société pour la gastronomie. La popularité du néologisme « fooding », alliance entre « food » et « feeling », traduit cette quête d’une gastronomie moins intimidante, à la portée de tous, et fondée sur une recherche de sensations et d’atmosphères innovantes. Ainsi, sans pour autant bouleverser son image de qualité et de savoir-faire, Pierre Hermé nous rappelle son positionnement au cœur de la modernité et son attention aux tendances contemporaines.

Place aux amateurs et simples curieux : pendant plus d’un mois, entre septembre et octobre, Pierre Hermé invitait les passants à relever le défi des trois macarons mystères à goûter, les yeux cachés par un masque noir en tissu au nom de la marque. À la clef, après un tirage au sort, une carte cadeau de 180 € et un brunch pour deux au Royal Monceau ! Une expérience participative permettant échanges et rencontres, sous le signe de la gourmandise !

Interrogeant une vendeuse sur l’objectif poursuivi à travers cette animation, elle m’explique qu’il s’agit de faire redécouvrir l’ensemble de la collection constituée de 18 macarons et d’encourager une diversification de la consommation : en effet, les habitués trop fidèles à leurs inconditionnels considèrent souvent qu’il est bien périlleux de tester une nouvelle saveur.

La marque semble avoir réussi le pari d’une osmose entre désacralisation et exclusivité. Grâce au caractère exceptionnel de l’événement, élargissement de la gamme et du public sont au rendez-vous sans pour autant nuire au prestige de ce « Pâtissier d’avant-garde et magicien des saveurs » (Paris Match).

Malgré le caractère éphémère de l’opération, ne faut-il pas y voir une invitation pérenne à oser braver de temps en temps l’impressionnant visage du luxe pour s’offrir un instant de pure gourmandise ?Sauriez-vous vous laisser tenter au détour d’une rue, après une journée de travail éprouvante, par une création unique à croquer, telle que le macaron Jardin Andalou, une rencontre passionnée entre mandarine, huile d’olive et fruits rouges ?

Si les happy few repartent avec un coffret à 60 euros sous les bras, n’est-il pas plus jubilatoire pour vos papilles de savourer un moment rare mais intense à 2,10 euros ?

Solène Aulanier

(Le prix du macaron à l’unité semble varier entre 1,95 euros et 2,50 euros selon les boutiques)

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