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CHAISE : LE PROJET THÉÂTRAL D’UNE TROUPE D’ÉTUDIANTS PARISIENS

« C’est en petit comité que nous nous sommes rendus le vendredi 15 novembre dernier à la faculté de Paris 3, pour voir la pièce intitulée « Chaise », écrite par Edward Bond et jouée par la Troupe des Voyageurs Sans Bagages.

Atmosphère intime pour une représentation prenante : à quelques mètres des acteurs, nous rentrons très vite dans l’univers de l’histoire qui met en scène Billy, un enfant-artiste de 27 ans, tourmenté par une vie d’enfermement. Alice le tient reclus du monde extérieur, lui permettant tout juste de regarder par l’ouverture du rideau de leur appartement. C’est à l’issue de cette curiosité prolongée de la part des protagonistes que la société déchue et aseptisée fera irruption dans le quotidien de Billy , dont le comportement enfantin n’a pas encore été noirci. Et c’est à travers ses yeux innocents que nous percevons la dure réalité d’un avenir proche, en 2077.

Les comédiens, bien que jeunes, parviennent à incarner et à donner vie à leurs personnages, qui vont du soldat hystérique à la femme officier glaciale. Nous, spectateurs, sommes plongés dans une atmosphère oppressante et partageons la sensation de confinement du protagoniste Billy. Nous imaginons avec lui ce dehors qui n’est jamais montré, de l’autre-côté d’un rideau entrebâillé. La fin, brutale, nous fait sortir de ce spectacle à la fois troublés et un peu remués, parce qu’on y a cru, simplement.

Cette pièce porte aussi un message de révolte, contre une société hyper-rationalisée et déshumanisée, et c’est d’ailleurs ce qui semble avoir motivé le projet théâtral de cette jeune troupe, créée en 2011 : « nous devons nous efforcer de rester droits, curieux de l’autre, avides d’émotions, autrement dit, humains », confie le metteur en scène.

Qu’est-ce qui nous a plu dans cette pièce ? C’est sans nul doute le jeu de contrastes entre un registre sombre et un registre humoristique qui a éveillé notre sensibilité en tant que spectateurs. Cette alternance entre pesanteur et légèreté nous apparaît comme l’empreinte artistique des Voyageurs sans Bagages, qu’on espère retrouver dans leur prochain projet, L’odeur des figues sauvages, de Jean-Marc Khawam. »

 

Laura Pironnet et Alexandra Ducrot

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