Inkulture

Convention : business ou passion ?

Qui n’a donc jamais rêvé d’entrer dans un univers fictif passionnant ou bien de rencontrer des personnes partageant nos centres d’intérêts ? Voici en quoi consistent les conventions de l’univers geek, en passant par les jeux vidéos jusqu’à la culture japonaise. Les conventions sont multiples et rassemblent des centaines, voire des milliers d’individus.

Du 26 au 28 octobre dernier, l’édition Comic con 2018 a eu lieu à la Grand Halle de la Villette, emblématique de ces grands événements qui touchent à présent le monde entier.

L’expansion de la culture geek, une pratique venue d’ailleurs

Si les étrangers à ce milieu pourraient croire que ces rassemblements viennent d’une autre planète, en réalité il faut regarder de l’autre côté du globe : le Japon. L’histoire des premières conventions est liée à celle de l’anime (série d’animation ou film d’animation). C’est en 1975 que le Comiket voit le jour à Tokyo avec un peu moins d’un millier de personnes dont de nombreux mangaka (auteur de manga). Ces conventions sont à présent d’une extrême popularité au Japon et attirent de plus en plus de visiteurs.

Ce n’est que vers la fin des années 1980 que les conventions se développent dans le reste du monde, particulièrement aux Etats-Unis avec les premières conventions de science-fiction et multi-genres. Ces nouvelles conventions sont encore imprégnées de la culture japonaise et asiatique bien qu’une culture geek propre commence à se détacher de l’anime et du manga traditionnel.

L’âge d’or des conventions apparaît en 1990 où de nombreux évènements voient le jour et attirent de plus en plus de visiteurs avides de cette nouvelle culture. Il y a une véritable diversification des conventions, sur des thèmes toujours plus nombreux et l’expansion de ces dernières ne semble être que le commencement de leur popularité.

Vivre sa passion, partager et enfin être soi

Les conventions rassemblent des milliers de passionnés, que ce soit parmi les visiteurs mais également les exposants. Les conventions sont un lieu d’expression, certaines personnes peuvent laisser libre cours à leur créativité sans être jugées et voir les dernières nouveautés du milieu geek. Autrefois méprisée, cette pratique devient de plus en plus courante dans notre société.

Que serait une convention sans cosplay (costume de personnage fictif) ? Incarner son personnage préféré librement et se rassembler, se mettre en scène dans différentes situations pour son plaisir propre ou pour les visiteurs. Le cosplay exprime assez fortement la passion pour cet univers, devenant même une activité professionnelle et très technique. (https://www.kulturiste.net/single-post/2018/11/09/Cosplay-h%C3%A9ros-le-temps-dune-journ%C3%A9e)

“C’est comme si tu entrais dans un autre monde. On a parfois un peu honte de sa passion pour les mangas, jeux vidéos, surtout quand notre groupe d’amis et famille ne partagent pas celle-ci, et c’est vraiment soulageant de voir des gens aussi, voire plus, impliqués dans ces loisirs. En revanche je trouve que certaines des plus grosses conventions françaises, PGW par exemple, sont devenues des machines à consommation et perdent la plupart de leur intérêt en valorisant des jeux ou autres qui n’en ont pas forcément le besoin ou le mérite.”

Mathilde CAUBEL, membre de Gizmo, association du CELSA spécialisée dans les jeux de rôles et jeux de société.

Les dérives du merchandising

Remettons les pieds sur terre, outre la passion il s’agit d’un investissement. Imaginez un instant : “Je vais acheter mes billets” 20 euros ; “Oh une peluche pikachu !” 30 euros ; “J’ai une petite faim” 10 euros ; “Wow le dernier opus de mon jeu vidéo préféré” 40 euros… Je vous laisse faire le compte mais les dépenses grimpent tandis que le porte-monnaie dégringole.

Des stands colorés sur chaque grande allée comme à la Japan Expo qui accueille chaque année plus de 200 000 visiteurs. Tout est fait pour attirer l’oeil du visiteur qui devient alors consommateur potentiel, il y a une réelle consommation de masse de la culture qui apparaît. Un temple de la consommation qui accueille des milliers de produits dérivés des univers préférés des passionnés, profitant de leur passion pour tirer du profit.

Les conventions jonglent ainsi entre passion et profit, apportant salvation des passionnés autant que bénéfice des organisateurs et vendeurs. Faut-il penser à une nouvelle forme plus gratuite et libre de la dépense frénétique (à l’instar de “Des cubes et Des Pioches” [https://www.millenium.org/news/124535.html]) ? Encore faut-il que les organisateurs sautent le pas.

Sources :

https://www.contrepoints.org/2017/01/19/278225-cultures-geek-revanche-consommateurs

https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_d%27anime

https://fr.wikipedia.org/wiki/Geek

https://www.ladepeche.fr/article/2018/09/13/2868013-comic-con-paris-les-surprises-de-l-edition-2018-2018.html

https://www.millenium.org/news/124535.html

https://www.kulturiste.net/single-post/2018/11/09/Cosplay-h%C3%A9ros-le-temps-dune-journ%C3%A9e

Crédit photo :

https://www.wired.com/story/comic-con-walls-came-down/ (MIKE BLAKE/REUTERS)

http://bounthavy.com/wordpress/comiket-grand-rassemblement-fan-manga-danime-au-monde/

https://lifestyle.oblikon.net/top-5-des-conventions-geek-lors-dun-voyage-aux-etats-unis/

http://laraslookalike.fr/blog/conventions/entre-les-stands-cosplay-japan-expo-2015/

Antoine Azeu

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *