Inkulture

FORTUNA MAJOR

C’est une fraîche matinée de février, semblable à beaucoup d’autres, et cette fois encore, le jeune Michel se rue sur sa boîte aux lettres, le coeur battant. Il l’ouvre et récupère les factures EDF, la carte postale de grand-mère et les publicités Monoprix, qu’il analyse et feuillette avec avidité… avant de tout jeter sur le bureau de sa mère, l’air profondément déçu. Sa lettre d’admission à Poudlard met décidément un temps fou à arriver.

Si, toi aussi, tu as été dans cette situation mais que, par dépit, tu as fini par accepter l’idée qu’elle n’arriverait jamais, détrompe-toi. La rédaction t’annonce que Poudlard a ouvert ses portes en Pologne et qu’elle est prête à t’accueillir à bras ouverts.

 

Plaît-il ?

C’est en 2014 (oui, nous avons un léger retard, mais passons) qu’un groupe de jeunes Danois et Polonais relève le pari fou de reconstituer l’univers du célèbre sorcier en s’installant dans le château de Czocha. Ils choisissent alors d’organiser de gigantesques événements réunissant un peu plus d’une centaine de fans motivés, qui, une fois sur place, sont plongés dans l’univers pendant quatre jours. C’est un véritable jeu de rôle grandeur nature (pour en savoir plus sur le concept, c’est par ici). Terminés, les cours de sociologie des médias, d’histoire des sciences et de la pensée économique, vous pouvez désormais étudier la magie et la sorcellerie, jouer au Quidditch et apprendre à bien prononcer Wingardium Leviosa.

C’est vrai ? Tout comme dans les romans de J.K Rowling ?

 Pas exactement. Il s’agit bien d’une reconstitution collaborative de l’univers d’Harry Potter, mais certaines libertés ont été prises quant au contexte. Tout d’abord, les joueurs sont invités à s’immerger dans une suite imaginée de la saga : ils ne sont plus à l’école mais bien à l’université (le “Czocha College of Witchcraft and Wizardry”). Ensuite, il y a non pas quatre mais cinq maisons – Durentius, Faust, Libussa, Molin, et Sendivogius – aux noms tous plus obscurs et intrigaants les uns que les autres. A l’issue des quatre jours, vous obtenez le très reconnu diplôme du S.P.E.L.L (Senior Protective Enchanter’s Lifelong License, évidemment), qui, par ailleurs, apporte un véritable plus à votre CV. Quoiqu’il en soit, les axes narratifs principaux sont bien évidemment respectés : le traditionnel discours de rentrée dans l’immense salle de banquet, les duels de magie, les fantômes loquaces et les escapades nocturnes peu recommandées en forêt. Malheureusement, et il est légitime de le noter, enfourcher un balai dans l’espoir de voler reste peu concluant.

Je peux tout plaquer et partir demain ?

C’est un peu plus compliqué que ça, tu t’en doutes. Les événements sont renseignés sur cette page et tu peux déjà prendre ta place pour décembre 2017 ! En revanche, il faut être furtif : le succès est tel que les places des sessions se vendent parfois en quelques heures seulement. En ce qui concerne le prix de l’inscription, c’est un véritable investissement, la participation pouvant coûter jusqu’à plus de… 400 euros – on est fan ou on ne l’est pas. Sur place, ils te prêtent les costumes, les fournitures et t’offrent l’hébergement et les repas, le tout dans un décor remarquablement dépaysant. Le transport jusqu’au château n’est pas inclus – jusqu’en Pologne, non plus d’ailleurs… Si le prix élevé peut rebuter au départ, cette expérience peut faire office de chouettes vacances dont la singularité a de quoi marquer une vie. Pour plus d’informations, je t’invite à consulter leur site officiel.

Pas encore décidé à sauter le pas ? Je te laisse avec ce teaser, qui met l’eau à la bouche :

 

Angélique Gauch

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