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Here We Are, Burberry

Here We Are, l’exposition itinérante de Burberry s’installe à Paris dans les anciens locaux de Libération après avoir vu le jour à la Old Session House de Londres. Le Royaume-Uni sous toutes ses coutures est à l’honneur : « la vie britannique sous toutes ses facettes, à la fois exceptionnelle et ordinaire, sublime et rude », selon Christophe Bailey, commissaire de l’exposition.

BURBERRY REVIVAL

Le concept est le suivant : la marque mêle les photos de sa nouvelle collection à celles d’artistes britanniques. On trouve donc des photos de familles en train de pique-niquer ou bien d’autres photos de fêtes très arrosées, le tout entre deux photos de travestis. Cette grande diversité dans les photos exposées est assez étonnante par moment: l’image qu’on associe à Burberry contraste beaucoup avec l’univers punk ou queer de certaines photos. Cette orientation du contenu a certainement pour volonté d’associer la marque à un public plus large que celui qu’on lui prête, c’est-à-dire la classe la plus aisée de la population. Cela transparaît clairement dans le flyer qu’on nous distribue à l’entrée : y apparaît cette citation (elle aussi de Christopher Bailey) pour le moins explicite : « Dès le début, je voulais que cette exposition rende hommage à un genre de la photographie qui m’a toujours passionné au Royaume-Uni, évoquant les nombreux et différents clans, tribus et classes sociales composant nos îles. » Ce genre de photographie, additionné au cadre original constitué par les pièces désaffectées du grand bâtiment vide, participent à un renouvellement de l’image de la marque qui se positionne comme plus urbaine, plus « délurée » et plus jeune. On retrouve ce sentiment dans le choix des vêtements exposés : des pièces classiques emblématiques de la marque sont exposées à côté d’autres plus excentriques et plus proches du streetwear. Burberry ne dénature pas pour autant son identité reconnaissable entre toutes: on retrouve leur figure de proue, le tartan, un peu partout dans l’expo ainsi que sur les vêtements les plus extravagants.

 

DES LOCAUX DÉSAFFECTÉS : UN LIEU ATYPIQUE

L’agencement de l’exposition dans les anciens locaux de Libération est très particulier et assez différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans les musées classiques. Par exemple, le visiteur est invité à déambuler dans une vitrine jonchée de néons et de mannequins habillés de la nouvelle collection. Une télévision pour le moins très rétro affiche des images de la nouvelle campagne Burberry, de ce fait, la vitrine met clairement plus en avant la marque que les photographes, c’est pourtant eux qui sont revendiqués comme centraux par les directeurs de l’exposition, comme en témoignent les phrases citées plus haut. Le parcours proposé aux visiteurs est, lui aussi, bien pensé et original: nous sommes invités à prendre un ascenseur pour voir la suite de l’exposition, et le clou du spectacle est la grande terrasse panoramique. En arrivant au dernier étage, on remarque que le lieu est prêt à accueillir un concert, malheureusement nous n’avons pas pu y assister mais la musique live doit donner une ambiance sympathique à l’expo. Pour éviter de le manquer vous aussi, pensez à regarder l’heure du concert sur cette page, votre expérience n’en sera que meilleure.

UN SOUCI ESTHÉTIQUE QUI BROUILLE LA LIMITE ENTRE MODE ET ART

Un grand souci de l’esthétique est tangible dans la présentation de la collection, par exemple la disposition de la vitrine est très bien pensée et remplit bien son rôle d’attirer l’attention, ou encore dans certaines salles des vêtements sont accrochés sur les murs nus de façon minimaliste ce qui les met en relief. Cette présentation très esthétique de la collection permet un meilleur mélange avec la photographie, donnant de fait une dimension artistique aux vêtements de la marque.

Here We Are
11, rue Béranger
75003 Paris

Du 26 janvier au 4 février

Horaires d’ouverture de 11 h à 20 h

Louise Germain

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