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La compagnie PARADOX, douce violence d’une danse contemporaine aux influences hip-hop

Entre théâtre, danse contemporaine et hip-hop, la compagnie Paradox nous transporte depuis 2015 au travers de créations à cœur et à corps ouvert. Focus sur cette compagnie bretonne qui explore la puissance corporelle par la danse. 

L’INTENSE DÉCOUVERTE DE PARADOX

Paradox est une compagnie de danse créée en 2014, à Guichen, une commune située dans l’Ille-et-Vilaine (35) en Bretagne. Hébergée par l’association DK’lé, elle travaille en étroite collaboration avec l’école Pointes et Jazz de Guichen. Paradox comprend une dizaine de danseurs, tous venus de milieux complètement différents : la compagnie a pour objectif, dans chacune de ses créations, de lier dans une osmose frappante la « puissance du break dance à la fluidité du contemporain ». 

Créer, encore et toujours. Depuis 2014, deux pièces principales sont nées du talent et de l’imagination du chorégraphe et de ses danseurs. Toutefois, PARADOX ne s’arrête pas là : la compagnie porte une attention toute particulière à diffuser son savoir à travers l’enseignement, l’organisation de stages, mais aussi des créations plus courtes, éphémères, des workshops ou des évènements au cours desquels il est possible d’avoir un contact original et novateur avec la danse et l’expression corporelle. 

 

INSTANT PORTRAIT

Ivan Stanimirovic, chorégraphe et danseur de la compagnie : À 14 ans, il se lance seul dans l’apprentissage du hip-hop, puis décide de se consacrer entièrement à sa passion. Il créé son propre style de danse, en mêlant le hip-hop et le contemporain. Il parvient à l’enseigner dans diverses écoles, et fonde avec le soutien de l’école Pointes et Jazz sa propre compagnie. 

 

Fiona Ruhlé, danseuse : Fiona a intégré en 2012 l’école de formation Epsedanse à Montpellier. Combinant sa formation d’interprète à sa volonté de transmettre, elle obtient en 2013 son examen d’aptitude technique, puis son diplôme d’État de professeure de danse Jazz. Aujourd’hui, elle travaille dans plusieurs établissements de Bretagne, et comme danseuse-interprète de la compagnie PARADOX depuis 2015. 

Mois

 

SENKA : L’AMOUR À MORT DE L’OMBRE ET DU CORPS

 

 

« Que se passe-t-il quand la nuit tombe, quand la lumière s’affaiblit, quand ma vision tremble ? J’arpente les rues, les faisceaux lumineux m’éclairent, une forme apparaît. L’ombre qui épouse l’asphalte, c’est la mienne. Je l’aperçois de nouveau, on se rencontre enfin. Commence alors une danse. Qui de nous deux déclenche le mouvement ? Où me conduit cette union ? Ses ondulations m’ensorcellent. Mes mouvements sont enchaînés aux siens. »

Au commencement, il y eu SENKA. Danse des ombres, danse des corps, les corps s’animent, se rapprochent s’aiment et se haïssent dans une lutte contre leur ombre fatalement associée. Qui mène la danse ? Maître de l’ombre, maître du corps, la limite s’efface, se rompt, et pourtant reste indécemment omniprésente. 

« SENKA est une pièce écrite en trois tableaux. Chacun met en rapport les danseurs avec leur ombre, cette ombre qu’ils découvrent, qui les attire, les intrigue », nous conte le site internet de la compagnie PARADOX. Ombre et corps entament une danse et s’apprivoisent, l’ombre est charmeuse, sournoise, séductrice, joueuse et taquine avec l’être de chair et d’os qui lui a donné vie. 

Fascinante, obsédante est la pièce créée et montée en 2014-2015 par le talentueux chorégraphe Ivan Stanimirovic, qui illustre poétiquement son travail par les mots: « La danse met aussi en perspective cette relation et nous finissons par nous demander qui du danseur ou de son ombre mène la danse ». 

SENKA a eu la chance d’être représentée dans plusieurs salles bretonnes, notamment au Diapason à Rennes, mais elle a également connu deux soirées de gloire au Théâtre Ménilmontant à Paris, les 8 et 15 décembre 2016. Deux soirées de voyage dans une atmosphère irréelle, 45 minutes intenses qui durent le temps d’un instant. 

 

PULSIONS : UN CORPS EN COEUR QUI BAT

 

 

« Interne ou externe, partiel ou total, un état stable ou instable. S’installe une gestuelle seule, en duo, ou en groupe. Une tension de corps, danse complexe qui tente d’élucider qui nous sommes dans une société où les pulsions se génèrent ou sont générées sans les comprendre »

Puis il y eu PULSIONS. « Comment définir le concept de pulsion par son lien au corps à travers l’expérimentation corporelle ? » questionne Paradox. Le lien au corps, le corps, le cœur, encore, toujours. Dans cette représentation à vif mise en place en 2017, Ivan Stanimirovic a tenté d’explorer ces pulsions qui nous habitent, nées parfois de non-dits, de l’inexprimable ou de l’inexprimé. « Comment ressortent-elles au fil des chemins que l’on trace, des rencontres qui jalonnent nos vies ? ». La mise en scène prend pour base une société faite de pulsions, où elle se génèrent et sont générées par toutes les interactions entres les âmes et les corps. Quelles en sont les conséquences ? Spasme sociétal, les duos se forment et se déforment, le cœur est à la fois profondément saturé dans le groupe et irrémédiablement isolé, comme marginal par rapport à la gigantesque pulsion du monde. La pièce est faite pour 5 danseurs, qui font d’abord un, puis deux, puis mille. 

Réussissant avec brio à représenter cette maltraitance sociale, aussi jouissive que violente, PULSIONS nous présente une expérimentation corporelle de haute voltige. 

 

QUAND, OÙ, COMMENT ?

Paradox ne saurait nous laisser dans une telle frustration en s’arrêtant là, d’autres représentations sont donc à espérer pour 2019 et 2020. En attendant, ne surtout pas hésiter à se nourrir des actualités de la compagnie…

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Laura Salinas

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