Bistro-Disko

Le Flesh, ode aux carnivores

Dans la rue de Douai, je vous propose de vous laisser guider par un délicat fumet de viande grillée. Cette odeur ne manquera pas de vous rappeler vos barbecue-parties les plus réussies. Et pourtant, elles n’étaient rien en comparaison de l’expérience que vous vivrez au Flesh.

Tandis que la propagande végane déferle dans les campagnes, les villes, sur les réseaux sociaux, n’ayez pas peur de vous recueillir dans ce temple carniste du IXème arrondissement.

Le personnel vous accueillera avec le salut secret de la communauté : « Vous aviez réservé ? ». En effet, l’établissement doit régulièrement refuser des fidèles. Vous ne verrez pas ici de prière de rue, mais des files d’attentes démentes, qui attestent de la qualité de la bonne chair servie.

Si vous jugez un temple à son décorum, vous serez peut-être mitigés. Il n’est pas particulièrement attrayant et ne reflète pas pleinement l’authentique esprit far-west que tente de suggérer la carte. L’éclairage tamisé et les multiples chandelles maintiennent une atmosphère intimiste.

Epargnons-nous les psaumes liminaires et passons à la carte des vins. Elle est généreuse, diverse et accompagnera à merveille le moindre de vos choix. Et quels choix !

Les modestes tacos pouvant être dégustés en entrée sont parfaitement relevés et, présageant la suite d’un repas qui est un vrai crescendo, ils ne pourront que vous faire saliver.

Faites du prosélytisme et traînez vos compagnons égarés dans un régime flexitarien jusqu’à ce restaurant où les auges débordent !
Plus adepte de viandes grillées que les requins le sont de sang, je me suis délecté de travers de porc accompagnés de leur sauce sirupeuse.
Pour accompagner ces viandes, étendards de notre résistance, je ne peux que vous conseiller de pécher. Cédez à la luxure de ces champignons nappés de leur sauce au beurre et à la crème fraîche, si rustique. Elle vous portera, si les ribs ne l’ont pas fait, au firmament de la gourmandise. Vous pouvez, comme j’ai pu le faire, opter pour les frites, elles aussi de bonne facture. Vous conviendrez qu’accompagner si doux mets de légumes vapeurs relèverait du blasphème ?

 

Après un repas qui vous aura sans nul doute repu, vous pourriez être tentés de résister à l’appel des brownies ou des cheesecakes fait-maison. Je vous le déconseille formellement, remettez donc vos bonnes résolutions à 2018 et profitez de ces plaisirs tant que l’opprobre populaire anti-spéciste nous épargne.

Nathanaël Suaud

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