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Le nouveau Casse-Noisette

Si je vous dis Casse-Noisette, vous pensez « danse classique », « pointes » et « tutus » ? Détrompez-vous ! Le Ballet du Grand Théâtre de Genève nous entraîne dans une revisite moderne et originale de ce ballet mondialement connu. Une chorégraphie originale, des costumes créés par les stylistes de Lady Gaga…  Embarquez pour un voyage féerique d’un nouveau genre.

 

 

Le ballet

Rideau fermé, le premier acte commence. La musique de Tchaïkovski s’élève dans les airs. Les spectateurs emplissent leurs oreilles du sublime thème de Drosselmeyer avant d’en prendre plein la vue. Le rideau s’ouvre. La chorégraphie, imaginée par le belge Jeroen Verbruggen, est singulière et décalée, évoquant un néoclassicisme contemporain, avec une gestuelle particulière : des mouvements de bras saccadés, des balancements de bassin… Les danseurs, jeunes et musclés, font preuve d’un engagement profond et d’une interprétation remarquable, le tout en symbiose totale avec l’œuvre de Tchaïkovski, datant de 1892. Cent quinze ans après sa composition, l’émotion et les frissons sont toujours les mêmes quand sonnent les premières notes et raisonnent les thèmes principaux.

Le conte

L’histoire de Casse-Noisette, imaginé en 1892 par Marius Petipa, est sans aucun doute une histoire à tiroirs. Dans le conte de Noël original d’Ernst Theodore Amadeus Hoffmann, une petite fille allemande nommée Clara reçoit de son oncle un casse-noisette de la forme d’un petit soldat. Ce dernier va l’entraîner dans une merveilleuse féerie où les jouets s’animent un à un.

La version proposée par le chorégraphe se concentre sur Marie, jeune femme mal dans sa peau, qui cherche sa place. Casse-Noisette est donc traité comme un conte initiatique qui ouvre à toutes sortes de réflexions sur le monde et son immensité. Malgré une revisite partielle de l’histoire, on retrouve quelques éléments notables du célèbre conte, comme l’armée de souris, les soldats de bois (même s’il faut les deviner…) et les personnages farfelus qui semblent appartenir à un monde extraordinaire. Difficile d’en dire plus sur l’histoire du ballet, difficilement compréhensible si on ne lit pas d’abord le programme distribué à l’entrée de la salle.

Les costumes

Ce qui retient particulièrement l’attention des spectateurs dans ce ballet néoclassique reste avant tout les costumes époustouflants et les décors, réalisés par les couturiers parisiens Yassen Samouilov et Livia Stoianova de la Maison On Aura Tout Vu. Ils mêlent de nombreuses références à l’opéra d’origine et des détails beaucoup plus actuels. Justaucorps mousseux d’un gris délicat, masques aux influences orientales… Tout est travaillé pour contribuer à créer cet univers féérique qui fait autant briller les yeux des enfants que ceux des adultes. Et au milieu de la scène, un imposant lustre rutilant et festif qui vient renforcer la magie.

La maison de couture parisienne, qui habille plus généralement de grandes célébrités comme Lady Gaga, Madonna, Katy Perry ou encore la Miss France Alicia Aylies pour le défilé Miss Univers, avait déjà signé les costumes du ballet Kill Bambi en 2012. Le chorégraphe Jeroen Verbruggen explique dans un entretien réalisé pour CultureBox : « On a déjà travaillé ensemble une fois à Monaco. C’est fou parce qu’à chaque fois que l’on a discuté des idées, je ne savais pas ce qu’ils allaient me montrer ensuite. Mais quand ça arrive, c’est exactement ce que j’avais en tête ».

 

 

 

Le Grand Ballet du Théâtre de Genève réussit donc son pari audacieux de présenter un spectacle moderne et décalé, venant contrecarrer les compositions classiques proposées habituellement dans les opéras. Jeroen Verbruggen brise les codes traditionnels de Casse-Noisette pour proposer quelque chose de frais et nouveau dont les costumes impressionnants nous prouvent que danse et mode sont intimement liés. Un beau moment dont on sort forcément émerveillé.

 

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 Julie Cornet

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