Inkulture

Pourquoi les mangas se vendent aussi bien en France ?

C’est en effet une question que se posent beaucoup de gens au sein de notre pays et pour cause, nous sommes les deuxièmes plus gros lecteurs de mangas au monde après les japonais.

A première vue cela semble bizarre tant la culture française et la culture japonaise sont éloignés dans l’imaginaire collectif comme dans la réalité. La culture est différente dans le monde de l’entreprise par exemple. Les hiérarchies sont basées sur l’âge et dans la grande majorité des cas, les personnes les plus âgées sont celles qui décident et ordonnent tandis que les jeunes obéissent, ce qui n’est plus vraiment le cas en Europe par exemple. La Corée (du sud) qui est plus proche culturellement du Japon est un pays dans lequel les mangas se vendent moins bien.

Des séries a succès comme akira et dragon ball (suivi par dragon ball z ) sont les premiers énormes succès du manga en France. Le manga est d’ailleurs toujours aujourd’hui un genre majeur de la bande dessinée en France : 13,7 millions d’exemplaires vendus en 2016.

En 2013, les mangas représentaient 39,5 % des recueils parus dans la bande dessinée contre 38% pour les bandes dessinées francophones et 10 % pour les comics américains. Les productions japonaises sont très majoritaires puisque sur ces 39,5 % de recueils, 37,5 % étaient des productions japonaises.

Des pays occidentaux comme les Etats Unis ou l’Allemagne sont aussi de très gros consommateurs de mangas mais l’explosion est plus tardive dans leur cas. En France, le genre s’est popularisé dans les années 70-80 avec Goldorak et le club Dorothée qui s’inspirait des codes de la culture japonaise et diffusait les premiers animes. Le phénomène générationnel semble très important, les personnes ayant grandi avec le club dorothée ont pour beaucoup d’entre elles perpétué la popularité des mangas en permettant plus facilement à leurs enfants d’en regarder. Ce qui pourrait expliquer l’immense succès de Shônen comme Dragon Ball, Naruto ou One Piece (manga le plus vendu au monde avec plus de 400 millions d’exemplaires)

Le succès du manga sur le marché francophone s’explique aussi par l’implantation de « la culture pop » japonaise dans les pays occidentaux avec par exemple l’arrivée des animes tirés des mangas eux-mêmes à l télévision. On ne peut que constater aussi la multiplication de conventions comme la Japan Expo qui mettent en avant cette même culture japonaise principalement avec des concerts, des conférences et d’autres activités…

On peut aussi expliquer cette popularité du manga par l’émergence du genre du « manfra » (qui désigne les œuvres d’auteurs francophones s’inspirant fortement des mangas par leur format, un style de dessin et une narration proche de celle des mangas, on peut citer wakfu), il existe même des mangas français qui se revendiquent comme tels, c’est le cas du très bon Dreamland.

Une des raisons qui pourrait expliquer le succès des mangas en France est la multiplicité des publics visés. En effet, il y en a vraiment pour tous les goûts avec les shônen (jeune garçon) plutôt orientés vers l’action et l’aventure avec souvent un héros jeune qui progresse en même temps que le lecteur qui suit son évolution et peut s’identifier sans trop de difficultés à lui. Les shojo (jeune fille en français) sont des mangas qui ont pour thème l’amour (en particulier à l’adolescence), il existe aussi les seinens qui sont des mangas destinés aux adultes, avec des thèmes plus matures et souvent des dessins plus durs et violents (cf Berserk).

Au-delà du fait que les mangas s’adressent à presque tous les publics, il faut aussi noter que ces œuvres sont très souvent inspirantes et peuvent aussi apporter une forme de morale agréable, souvent il s’agit de rappeler l’importance de l’amitié et de l’entraide. Les combats et confrontations inventives et souvent impressionnantes ont contribué grandement au succès de mangas comme Dragon Ball.

Il va cependant être intéressant de voir comment les maisons d’éditions et les mangakas vont tenter de redonner de l’attrait au genre qui voit ses ventes s’essouffler dernièrement. En effet, des séries comme Fairy Tail ou Naruto sont terminées ou en passe de l’être et certains lecteurs ont d’ailleurs arrêter de lire depuis quelques temps, souvent lassés de séries trop longues. Cela fait considérablement baisser les chiffres de ventes et force les maisons d’édition à trouver de nouvelles séries et recommencer un nouveau cycle. Certaines réutilisent des séries terminées comme Kana qui publie actuellement Boruto (qui raconte les aventures du fils de naruto).

Thomas Gorrieri

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