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Snowpiercer : de la BD, à la série en passant par le film

 

         Chaque année nous voyons défiler de nombreux films et de nombreuses séries. Si certains proposent de nouveaux univers, de nouveaux personnages et de nouvelles histoires, d’autres sont des adaptations. 

         Aujourd’hui je vous emmène (re)découvrir la saga, Le Transperceneige. Vous avez sans doute entendu parler du film Snowpiercer, le Transperceneige ou encore de la série Snowpiercer, récemment ajoutée sur Netflix. Mais connaissez-vous la bande dessinée à l’origine de tout ? 

         En 1984, Jacques Lob et Jean-Marc Rochette publient le premier tome. On découvre alors une histoire surprenante mêlant angoisse, suspens et colère. 

         La terre entière a gelé, emportant avec elle presque toute la population. Seul un groupe de personnes a survécu et s’est réfugié dans un train de 1001 wagons, très hiérarchisé et qui roule sans jamais s’arrêter. A bord, la vie est très différente. Il y a les wagons de queue, abritant les plus pauvres, qui, entassés les uns sur les autres, peinent à vivre et à manger. A l’inverse, à l’avant du train on retrouve les plus riches menant une vie de palace. Ils ne manquent de rien et règnent en maîtres. Ils possèdent même un certain poids dans les décisions des dirigeants.    

         L’histoire est cependant centrée sur Proloff, un homme des wagons de queue, qui fait tout pour que la situation de ses amis s’arrange. Il va jusqu’à tenter une rébellion, en s’introduisant dans les différents wagons, dans le seul but d’arriver dans le wagon des dirigeants en tête du train.  

         On peut finalement dire que ce premier tome est centré sur la représentation des inégalités et sur la description de la lutte des classes. 

Couverture de la BD, Tome 1.

         Les deuxième et troisième tomes sont très différents du premier. On découvre la vie d’un deuxième groupe de survivants, à bord d’un autre train nommé “Le Transperceneige 2”. Si ce dernier est toujours très hiérarchisé, la vie n’y est pas du tout la même. La situation sur Terre a changé, le train n’est plus obligé de rouler en permanence mais peut dorénavant s’arrêter, et même quitter les rails. Certaines personnes, que l’on appelle les arpenteurs, ont la possibilité de sortir munies d’équipements spéciaux. La lutte des classes passe au second plan ; on suit l’entraînement, la vie des arpenteurs. On partage aussi les doutes et les problèmes quotidiens des passagers. 

         Ces deux tomes amènent des éléments plus contemporains comme l’utilisation de la réalité virtuelle ou encore la création de combinaisons, de machines résistantes à des températures glaciales. Ils posent la question de l’épuisement des ressources énergétiques et de la manière dont les humains doivent gérer ces ressources afin de tenir le plus longtemps possible dans le train.   

Couverture de la BD, Tome 2.
Couverture de la BD, Tome 3.

 

«Snowpiercer, c’est presque une marque», se réjouit Jean-Marc Rochette, créateur de la BD.
Source : Le Parisien, 28 Mai 2020

          C’est en 2013 que sort la première adaptation de la trilogie. Bong Joon-ho, grand admirateur du monde créé par Rob et Rochette, réalise un film de science-fiction Snowpiercer, le Transperceneige, inspiré directement de la bande dessinée française. Le réalisateur sud-coréen choisit de s’éloigner de l’œuvre originale en ajoutant de nombreux éléments et personnages. Il précise ainsi l’action qui a conduit au réchauffement climatique, causant la glaciation de toute la planète. On assiste également à une multiplication des révoltes et à une succession de meurtres en tout genre ; probablement afin de rendre l’histoire plus dynamique, plus sensationnelle, moins descriptive.  

         La fin du film diffère aussi considérablement. Bong Joon-ho ajoute notamment une notion absente dans la bande dessinée, à savoir l’espoir. L’espoir de pouvoir un jour retrouver une vie en dehors du train. 

Affiche du film

 

 

         Enfin, lors de son interview du 28 Mai 2020 par Le Parisien, Jean-Marc Rochette a évoqué la toute nouvelle adaptation de son œuvre : la série Snowpiercer

Comment trouvez-vous la série ?

JEAN-MARC ROCHETTE : « J’ai beaucoup aimé. J’ai regardé les deux premiers épisodes sur Netflix. C’est vraiment très bien, plus fidèle à mon « Transperceneige » que le film. Le train ressemble beaucoup à mes dessins. Certains plans sont aussi très proches des miens. »

         En parcourant les nombreux avis, à la suite de la sortie de la série sur Netflix, j’ai remarqué que ces derniers allaient dans le même sens que la réponse de Jean-Marc Rochette. 

         La série est, en effet, beaucoup plus fidèle à l’histoire d’origine que le film. Les créateurs Josh Friedman et Graeme Manson ont pris moins de liberté. La guerre des classes, les injustices sociales, ainsi que toute la dimension politique de l’histoire sont bien présentes. De plus, la série se construit autour de nombreuses scènes que l’on pourrait appeler des scènes de pause, dans lesquelles on visite le train et ses nombreux wagons. L’intérieur de certains wagons rappelle grandement les plans de la bande dessinée.  

         Cependant, on observe tout de même quelques différences. Tout d’abord, la série débute par la sortie des wagons de queue de l’ancien enquêteur Andre Layton. Il est chargé par les dirigeants du train d’enquêter sur un meurtre ayant eu lieu dans la troisième classe. Andre se rapproche ainsi par bien des aspects du personnage de Proloff, même si son rôle n’est pas du tout le même. Une des autres grandes différences que l’on peut relever est le fait que Wilford est simplement évoqué. Il ne semble même pas être à bord du train. C’est la figure féminine de Mélanie qui dirige. Elle prend les commandes, donne les ordres et protège ou punit les différents occupants. 

         La fin de la saison 1 de la série suggère la présence d’un autre train. On peut donc se poser la question d’une éventuelle rencontre entre le “Transperceneige” et le “Transperceneige 2”, ce qui irait dans le sens de la bande dessinée. 

Affiche de la série

         Les œuvres se complètent et présentent des aspects différents. Les trois approches et points de vue sont intéressants. Je pense que prendre connaissance de la bande dessinée, puis de la série et enfin du film permet de nous plonger pleinement dans cet étrange train aux 1001 wagons, et de comprendre ce monde post-apocalyptique dans son intégralité.   

 

Récapitulatif de la saga 

1984 Tome 1 : Le Transperceneige de Jacques Lob, et Jean-Marc Rochette 

1999 Tome 2 : L’arpenteur de Benjamin Legrand et Jean-Marc Rochette 

2000 Tome 3 : La Traversée de Benjamin Legrand et Jean-Marc Rochette 

2013 Film Snowpiercer, le Transperceneige de Bong Joon-ho 

2015 Tome 4 : Terminus de Olivier Bocquet et Jean-Marc Rochette suite direct

2019 Tome 5 : Extinctions Acte I de Matz et Jean-Marc Rochette nouveau cycle du même univers 

Mai 2020, Série Snowpiercer créée par Josh Friedman et Graeme Manson  

Juin 2020 Tome 6 : Extinctions Acte II  de Matz et Jean-Marc Rochette

 

 

Rédaction : Héloïse Pradeau

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