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Sonny Boy, l’animé ésotérique

Si vous vous demandez ce que j’ai compris de Sonny Boy, la réponse est bien simple : je n’ai rien compris. Or c’est peut-être en cela que réside toute la magie de cette série d’animation.

Beau, poétique, l’univers psychédélique de l’animé ne cesse de nous envouter et donne  l’impression de nager en plein rêve sans même quitter notre ancrage à la réalité. On ne sait jamais vraiment comment interpréter l’oeuvre, et c’est finalement ce qui fait sa force. Le réalisateur Shingo Natsume, également connu pour avoir réalisé la première saison de One Punch Mannous offre une œuvre artistiquement inqualifiable, qui laisse bouche-bée tant par sa direction artistique que par sa bande-son. 

Cette oeuvre produite par  le studio japonais Madhouse en 2021 nous conte l’histoire d’une classe de collégiens transportés malgré eux dans une dimension alternative. Les 36 élèves se retrouvent alors en “dérive” dans un monde complètement inconnu, tandis que leurs apparaissent de mystérieux pouvoirs qu’ils utiliseront pour survivre et tenter de revenir dans leur monde initial. 

Chaque épisode apporte son lot d’explications quant à ces fameux pouvoirs et le fonctionnement du monde parallèle. Mais ces éclaircissements mènent aussi à de nouvelles énigmes, si bien qu’une situation peut sembler toute naturelle au départ avant de se révéler source de nombreuses questions insoupçonnées. Aujourd’hui, la thématique de “super pouvoir” est assez récurrente dans les séries, toutefois dans Sonny Boy, les pouvoirs ne font pas figure de lieux communs. Ils occupent une place centrale dans l’animé grâce à un remarquable travail de conceptualisation, et sont même souvent la clef de résolution des énigmes qui intriguent constamment le spectateur. 

La psychologie des étudiants, acteurs principaux de cette série, a été méticuleusement développée, de sorte à ce que chaque personnage dispose d’un caractère spécifique, souvent intimement lié à son pouvoir. Les divergences en matière d’éthique et de vision de la société vont faire naître des oppositions au sein du groupe. Certains vont alors prendre la décision de vivre en autarcie et d’explorer ce monde parallèle, pendant que d’autres se regroupent en communautés autonomes. 

Au fur et à mesure des épisodes, on comprend donc qu’il s’agit d’une œuvre philosophique qui multiplie les allégories et les métaphores pour soulever des problématiques profondes. L’exclusion sociale, le rapport au temps et à la mort, tant de questions existentielles que l’œuvre parvient toujours à aborder avec une extrême légèreté. 

Mention spéciale à la bande originale de la série qui rend son univers d’autant plus appréciable, et qu’il m’arrive encore d’écouter sous la douche ! Notons qu’en parallèle, l’épisode 1 dans lequel le collège est entouré d’une “matière noire”, n’a quasiment aucun son hormis les voix des personnages, ce qui construit une atmosphère réellement étrange .

Saluons également la direction artistique de l’œuvre qui de mon point de vue est très réussie, notamment au niveau du choix des couleurs. En effet, le studio d’animation alterne entre des tons chatoyants et ternes d’un épisode à l’autre, délivrant une esthétique tout à fait singulière

En bref, Sonny Boy est une pépite artistique et auditive que l’on aime, sans vraiment comprendre, et qu’il faut visionner à tout prix !

Rédaction : Pierre-Louis Serreau

Référence : Sonny Boy, Shingo Natsume, studios Madhouse

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