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Tête à tête avec l’Entracte

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, L’Entracte, la troupe de théâtre du CELSA, joue les 15,16, 22 et 23 janvier au théâtre Naldini (Levallois). Vous avez passé les trois derniers mois au fin fond d’une grotte et avez loupé les multiples coups de comm’ de L’Entracte ? Pas d’inquiétude, voici notre petit recap sur le projet de cette année : La Boucherie de Job (Il Macello di Giobbe en italien), pièce écrite en 2015 par Fausto Paravidino.

Quoi de mieux pour cela qu’un petit tête-à-tête avec ceux qui sont au cœur de la pièce, qui sont le moteur de la troupe, les créateurs du spectacle : Clotilde Parlos et Paul Brunstein-Compard ? Le duo nous a accordé une interview exclusive.

KULTURISTE : Qui êtes-vous ?

Clotilde : Je suis en Master 2 au CELSA et je suis à L’Entracte depuis deux ans. Il y a deux ans j’étais comédienne, l’année dernière j’ai repris la mise en scène et cette année je suis à nouveau metteuse en scène avec Paul.

Paul : Je suis en Master 1 Le Magistère, j’étais comédien l’année dernière et cette année je suis metteur en scène à L’Entracte. J’ai fait un peu de théâtre amateur au lycée et en classe préparatoire.

KULTURISTE : C’est quoi L’Entracte ?

Paul : L’Entracte, c’est l’association de théâtre du CELSA, avec des comédiens, des décorateurs, des communicants, des régisseurs… C’est une grande équipe qui propose chaque année un nouveau projet théâtral. On commence dans un théâtre à Levallois puis on part en tournée des festivals étudiants en province.

KULTURISTE : La Boucherie de Job, ça raconte quoi ?

Clotilde : La Boucherie de Job raconte la faillite d’une boucherie, celle de Job, qui va par la suite entraîner une crise familiale et l’effondrement de sa vie. Il ne peut plus s’occuper de sa fille amnésique, amoureuse du Garçon Boucher qu’il devra licencier, et ne fais plus suffisamment attention à sa femme pour voir sa détresse. Son monde s’effondre.

Paul : Et le fils de Job revient de Boston, où il faisait des études pour sauver la Boucherie. Pour cela il s’allie avec la Banque, dans laquelle il rencontre une employée : la Bonne Femme, un personnage assez fort. Elle va aider le Fils à sauver sa famille. Enfin il y a aussi deux personnages assez énigmatiques, deux Clowns, les employés et hommes de main de la Banque.

C’est une pièce sur la faillite, une faillite financière, émotionnelle. La grande question que soulève cette pièce, c’est : À qui la faute ? D’où vient le mal ?

Clotilde : Est-elle toujours de l’homme, la faute du monde ? [Acte 1 Scène 5]

KULTURISTE : C’est qui, Job ?

Clotilde : Alors, il y a deux Job :

Paul : Le Job de la Bible, dans l’Ancien Testament, qui est mis à l’épreuve par Dieu et Satan. Sa piété même est éprouvée : on lui envoie une série de malédictions mais il garde la foi. C’est là que s’établit le parallèle avec le Job dans La Boucherie de Job. Il tient sa boucherie, et même s’il est accablé par toutes ces tragédies financières et émotionnelles, il reste fidèle à ses principes de bonté.

KULTURISTE : L’Entracte, c’est qui ?

Clotilde : La troupe de L’Entracte est composée de plusieurs pôles. Il y a les comédiens et comédiennes qui vont interpréter le texte et le jouer sur scène ; ils sont vraiment au cœur du projet.

Paul : Il y a les décorateur.rice.s et costumier.ère.s, qui donnent matière au projet, une matière visuelle, et habillent les personnages et la scène. Il y a également la régie, qui donne une ambiance sonore et musicale à la pièce, pour la rythmer.

Clotilde : Il y a aussi les communicants qui nous accompagnent sur toute la durée du projet. Ils se sont occupés des affiches, des stickers, du trailer, de l’animation des réseaux sociaux et de la communication sur la pièce. Ils vont ensuite nous accompagner sur toute la tournée en festivals pour la logistique et pour faire de Job et sa boucherie une réussite. 

Paul : C’est un peu l’écrin de la pièce.

KULTURISTE : Racontez-nous la première lecture !

Paul : En fait, la première lecture a beaucoup fait rire. Toute l’équipe était réunie dans un appartement. C’était la première fois que l’on se retrouvait ensemble. Des moments assez drôles de la pièce ont beaucoup fait rire ; il y a aussi eu des moments un peu plus tristes… On voyait qu’il se passait déjà quelque chose, que les comédiens que l’on venait tout juste de caster étaient déjà touchés par leurs personnages. Les comédiens se rendent compte que cette pièce, qui part de quelque chose d’assez humoristique, est en fait assez forte et tragique. Cela donne de la profondeur à leur jeu.

Clotilde : C’était aussi la première fois que tous les membres de la troupe tous postes confondus se sont rencontrés. Je crois que le texte a plu, c’est ce que nous ont dit nos comédiens et comédiennes et le reste de la troupe globalement. Mais c’est vrai que, comme l’a souligné Paul, c’est intéressant de voir tout le chemin que l’on a parcouru entre cette première lecture et le travail actuel.

KULTURISTE : Quels sont les enjeux de la pièce ?

Clotilde : Il y a plusieurs enjeux dans la pièce. Il y a un écho entre le Job de la Bible et le Job actuel. Le premier enjeu c’est l’idée que Job reste en permanence convaincu qu’il faut faire le bien. Mais cette attitude interroge : pourquoi reçoit-on le mal même lorsque l’on fait le bien ?

Paul : Et de l’autre côté, le personnage du Fils représente une autre morale : celle de la compromission. Il travaille pour la banque et son statut questionne cette fascination christique pour la salvation. Vouloir sauver sa famille, avoir de grands principes, n’est-ce pas le pire des égoïsmes ? Être bon pour être bon, n’est-ce pas le pire des égoïsmes ?

KULTURISTE : Qu’attendez-vous de la pièce ?

Paul : On attend de notre équipe qu’elle se donne à fond et s’amuse lors des premières représentations et celles qui suivent. On espère seulement qu’il n’y aura pas de couac ou de problème d’organisation lors de la représentation.

Clotilde : On espère arriver à faire entendre le texte au public ; qu’il leur parlera et les fera réfléchir.

KULTURISTE : Quelles sont vos peurs ?

Clotilde : On ne connaît pas la peur ! Plus sérieusement, ce qu’on pensait avec Paul, c’est qu’il y a toujours forcément des peurs, qu’elles soient techniques, si jamais il y a un problème de régie, un accessoire qui manque sur scène… Mais avant tout on a vraiment confiance en nos comédien.enne.s. On n’a pas peur des représentations parce qu’on sait qu’ils sont capables de gérer sur scène et qu’ils sont géniaux. 

KULTURISTE : Travailler en duo, c’est sympa ?

Paul : Moi je pense que la greffe s’est faite assez vite et assez bien. On avait déjà travaillé un an ensemble, moi en tant que comédien. On s’est très vite mis d’accord sur cette pièce qui a beaucoup de facettes. On peut se reposer l’un sur l’autre, on est assez complémentaires.

Clotilde : Je pense que c’est un beau duo en effet, et j’espère que le reste de la troupe le sent. Paul est quelqu’un qui me fait beaucoup rire, c’est la principale raison pour laquelle je l’ai choisi (rires) Non mais c’est vrai que c’est très agréable et on rit beaucoup, tous ensemble.

KULTURISTE : Quand peut-on venir vous voir ?

Clotilde : Vous pouvez nous retrouver le 15, 16…

Paul : 22 et 23 janvier…

Clotilde : à 20h au théâtre…

Paul : Naldini à Levallois !

Infos pratiques

« La Boucherie de Job », une pièce mise en scène par Clotilde Parlos et Paul Brunstein-Compard

Les 15,16,22 et 23 janvier à 20h au théâtre Naldini à Levallois-Perret

Réservation gratuite à troupe.entracte@gmail.com

Lien vers l’évènement Facebok : https://www.facebook.com/events/598420157279133/

Une interview signée Alix Jessene et Sixtine Würtz et retranscrite par Julie Morvan

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