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The Umbrella Academy: Welcome to The Masked Parade

Si jusqu’à aujourd’hui, vous pensiez que l’industrie des comics se résumait à DC et Marvel, je me dois de mettre fin à cette fausse croyance. Il est vrai qu’il est difficile de se faire une place face à ces deux géants tout en muscles et supers pouvoirs, mais la maison d’édition Dark Horse a su se faire une place dans le cœur des amateurs de comics. Je ne suis pas là pour vous faire une leçon d’histoire de cette dernière mais je vais juste préciser que celle-ci est à l’origine des séries Hellboy, Sin City ou bien The Mask, connues pour leurs excellentes adaptations au cinéma

J’ai choisi de vous parler du comic The Umbrella Academy (publié chez ? … Dark Horse !) à l’occasion de la sortie de son adaptation Netflix le 15 février prochain. C’est un coup de cœur personnel, qui peut être en partie dû à l’admiration que je porte à l’auteur de cette série (Gerard Way de My Chemical Romance, ça vous dit quelque chose ?) mais qui repose surtout sur la maturité de l’intrigue et l’esthétique de l’œuvre en général.

L’histoire d’un talent Extra Ordinaire

Premièrement, faisons un petit résumé du plot de la première série de ce comic, The Umbrella Academy : Apocalypse Suite. Quarante-trois femmes, qui n’avaient montré aucun signe de grossesse jusqu’alors, donnent le même jour naissance à des enfants aux quatre coins du monde. Rares sont les enfants qui survivent. Sir Reginald Hargreeves, un Alien déguisé en milliardaire aussi surnommé « le monocle », décide de recueillir sept d’entre eux. Pourquoi ? Pour sauver le monde ! Mais de quoi ? On ne le sait pas encore. Ces sept enfants montrent des capacités exceptionnelles : #1 possède une force surhumaine, #2 peut retenir son souffle sur des durées anormalement longues, il possède également une affinité avec les objets tranchants, #3 peut modifier la réalité avec ses mensonges, #4 peut léviter, déplacer des objets par la pensée et parler avec l’au-delà, #5 peut voyager dans le temps, #6 abrite un monstre tentaculaire et #7… est la seule à n’avoir rien de spécial. Elle est extra ordinaire.

Extrait du premier numéro de The Umbrella Academy : Apocalypse Suite, « The Day The Eiffel Tower Went Berserk »

L’action du comic en elle-même commence trente ans après la naissance de ces sept enfants. Séparés par divers conflits et tragédies, les membres de l’Umbrella Academy doivent se retrouver pour l’enterrement de leur père adoptif. C’est le moment que choisis #5 pour enfin revenir du futur vers lequel il avait fui 20 ans plus tôt pendant un horrible combat opposant sa fratrie à la Tour Eiffel et un Gustave Eiffel zombifié. Mais c’est aussi à ce moment que le Dr Terminal décide de s’attaquer à nos héros et que le mystérieux Conducteur  instigue la fin du monde avec sa « Suite de l’Apocalypse ».

 Extrait du deuxième numéro de The Umbrella Academy : Apocalypse Suite, « We Only See Each Other At Weddings And Funerals »

Un univers sombre et poétique

Si vous connaissez My Chemical Romance (abrégé MCR dans la suite de l’article) et l’univers développé dans leurs albums, l’esthétique et les thèmes abordés par l’intrigue de Umbrella Academy vont sûrement vous sembler comme un aboutissement du génie créatif de Gerard Way. Quand on sait qu’il a commencé à écrire ce comic pendant les tournées du groupe en 2007 et 2008, on voit tout de suite à quel point son œuvre musicale reflète ses comics, et inversement. Le choix de l’artiste pour les couvertures des numéros de la série Apocalypse Suite est aussi pour beaucoup dans cette impression : les illustrations poétiques et morbides de James Jean ont aussi illustré l’album Welcome to the Black Parade de MCR.

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A gauche : illustration en couverture interne de l’album (aussi pochette du vinyle) Welcome to the Black Parade de My Chemical Romance

A droite : Couverture du premier tome de The Umbrella Academy : Apocalypse Suite

Illustrations par James Jean

Pour aller encore plus loin, je pourrais aussi vous dire à quel point cette série se démarque des autres comics de super-héros par son refus du manichéisme, caractéristique du genre, et par l’attention portée aux relations tendues de cette famille atypique. On perçoit les démons de chacun des personnages, à quel point l’éducation stricte et dangereuse du Monocle les a marqués, mais aussi l’amour qu’ils ont pour leur famille pourtant conflictuelle. Les dessins de Gabriel Bá créent une atmosphère sombre et froide, presque angoissante, grâce à des contrastes très marqués. Sans être pourtant qualifiée de « gore », les scènes sanglantes accrochent le regard car le rouge (au même titre que les autres couleurs chaudes) n’est utilisé que par touches. Cette ambiance complimente l’univers de Way à la perfection… et ce n’est pas seulement mon avis de fan : le comic a gagné le prix Eisner de la meilleure série en 2008.

Depuis, une deuxième série a été publié, du nom de Dallas, avec une toute nouvelle intrigue se déroulant dans une réalité où John F. Kennedy n’a jamais été assassiné. A cela se sont ajoutés les publications de quatre nouvelles explorant l’univers du comic. Plus récemment, le premier numéro de la troisième série, Hotel Oblivion, est sorti en Octobre 2018 et le duo Way & Bá parle déjà d’une quatrième série.

Netflix ou la nouvelle écurie du cheval noir

Nombre des comics de Dark Horse ont été adaptés au cinéma, et l’éditeur est aussi très connu sur le marché de la télévision et des dessins animés puisqu’il a adapté nombre de séries comme Buffy contre les vampires ou Avatar : Le Dernier Maître de l’Air en bandes dessinées. Mais le chemin inverse, l’adaptation d’un de leur Comic en série télévisée, restait jusqu’alors un défi non relevé. Je vous laisse imaginer le bonheur, mais aussi l’inquiétude, des fans quand une série télévisée adaptée du Comic a été annoncée en 2015. Le projet est passé dans les mains d’Universal Studios pour ensuite finir dans les mains de Netflix en 2017. Personnellement, je fonde de grands espoirs dans cette adaptation car Netflix a décidé d’inclure Gerard Way et Gabriel Bá à tous les niveaux de la production. Le choix de Steve Blackman, qui a notamment produit les séries Fargo et Altered Carbon, pour  le poste de showrunner met aussi la série sous de bonnes hospices. Ajoutez à cela un casting ambitieux et impressionnant (Ellen Page, Robert Sheehan, Mary J. Blige et Kate Walsh) et vous obtenez une série qui fera du bruit.

 

J’espère que cet article vous aura donné envie de vous plonger dans les aventures de l’Umbrella Academy, que ce soit par les comics ou la série Netflix.

Je ne connais pas encore le style qui sera choisi pour la bande originale de la série, mais voici une « bande originale » qui peut accompagner votre lecture du comic ! Vous pouvez bien entendu écouter My Chemical Romance (en particulier les albums Three Cheers For Sweet revenge et Welcome To The Black Parade), mais aussi la discographie de Glenn Danzinget Misfits (qui ont fortement influencé l’univers de Gerard Way) et enfin la reprise de “Hazy Shade of Winter” by Simon & Garfunkel chantée par Way lui-même pour le premier teaser de la série Netflix.

Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=0DAmWHxeoKw

Mathilde Caubel

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