Inklassable

Un pour tous, tous pour un

Depuis une bonne dizaine d’années, nous entendons beaucoup parler d’une économie dite « sociale et solidaire » (ESS). Pourtant celle-ci semble être née bien avant notre époque. Certains estiment son apparition au Moyen-Âge tandis que d’autres préfèrent se pencher sur les XVIII et XIXè siècles pour trouver son origine. Selon Sylvain Allemand et Sophie Boutillier (auteurs d’un ouvrage datant de 2010 sur l’ESS), c’est au XIXème siècle qu’un Homme entreprend pour la première fois dans cette branche de l’économie en fondant « l’association pour la pain ». Elle avait pour but de vaincre la famine en nourrissant les personnes touchées par le biais d’une coopérative de production collective.

S’ensuivent alors de nombreuses initiatives jusqu’à dépasser aujourd’hui la barre des 200 000 établissements inscrits dans ce mouvement. Bien que ce ne soit pas un anniversaire particulier, la loi française relative à l’ESS fêtera très prochainement ses quatre ans. Grâce à cette reconnaissance, acquise bien après la création des premières organisations, l’ESS est mieux encadrée et définie. Comme nous pouvons le lire sur le site de l’Agence de Valorisation des Initiatives Socio-Économiques (AVISE), l’économie sociale et solidaire « regroupe un ensemble de structures qui cherchent à concilier utilité sociale, solidarité, performance économique et gouvernance démocratique, avec pour ambition de créer des emplois et de développer une plus grande cohésion sociale ». En bref, elle privilégie le service rendu au profit ou, du moins, le profit doit être élargi à un très grand nombre de personnes et non à un petit groupe.

De nos jours, lorsque l’on veut se renseigner sur l’ESS, on se retrouve généralement confronté à de nombreux chiffres. Combien de personnes sont employées dans ce secteur ? À combien s’élève le chiffre d’affaires total de ce milieu ? Et d’autres encore… Comme il est généralement peu utile de retenir des données chiffrées aussi précises, nous allons davantage nous intéresser aux tendances et projets constituant de façon concrète ce milieu. Il semblerait que l’ESS soit globalement sur une bonne voie, elle prend encore de l’ampleur. Elle attire notamment de plus en plus de monde chaque année, que ce soit via la création d’entreprises ou par le recrutement de nouvelles personnes. Cela n’est pas étonnant puisque chacun a ses propres convictions et objectifs, ainsi si nous le voulons, nous pouvons nous engager dans les projets qui nous tiennent à cœur. Cet engagement, plus ou moins important, est facilité par l’évolution de l’encadrement de cette économie. Par exemple, comme nous pouvons le voir sur le site de l’AVISE, les acteurs de l’accompagnement ne manquent pas ! Il y a des pré-incubateurs, des incubateurs, des programmes « premiers pas », des couveuses, des pépinières, des programmes d’idéation, etc. Parmi tout cela, on retrouve par exemple Enactus qui permet aux jeunes (lycéens, étudiants) de mettre sur pied leur tout premier projet d’ESS. Cela montre bien qu’il n’y a pas d’âge ni de catégorie sociale pour s’engager.

 

Parfois, il n’est même pas nécessaire de créer une organisation comme l’ont fait les lauréats 2017 des trophées parisiens de l’économie sociale et solidaire (voici le lien pour découvrir tout ce qui concerne leurs projets, plus intéressants les uns que les autres : https://www.paris.fr/tropheesess) : il suffit simplement d’être présent et d’accepter de partager son expérience. C’est ce que font par exemple les parrains et marraines de l’association Article 1 ou encore les étudiants inscrits sur la plateforme Inspire. Article 1 est une association récemment née de la fusion de deux précédentes : Frateli et Passeport Avenir. Elle « œuvre pour une société où l’orientation, la réussite dans les études et l’insertion professionnelle ne dépendent pas des origines sociales, économiques et culturelles », pour l’égalité des chances. Elle regroupe des milliers de jeunes et actifs pour veiller à ce que chacun ait l’avenir qu’il désire grâce à la mise en relation de toutes ces personnes. Par exemple, un jeune s’engageant dans une voie scientifique sera mis en relation avec un actif travaillant déjà dans ce domaine. Il pourra également contacter tous les autres membres pour ouvrir ses perspectives professionnelles ou encore culturelles puisque Article 1 cherche également à offrir un meilleur accès à la culture pour ces jeunes.  L’association propose donc à des actifs d’aider des jeunes à avancer dans leur parcours scolaire et professionnel en leur faisant part de leur expérience personnelle. Avant cela et sans même faire partie d’une association, entre eux, les jeunes peuvent également se conseiller dans le choix de leurs études grâce à la plateforme Inspire. Projet initié par l’association Article 1 présentée précédemment, il consiste à mettre en relation des étudiants avec des lycéens pour les aider à effectuer le choix crucial qu’est celui de l’orientation. Les jeunes n’ont qu’à s’inscrire sur une plateforme, comme sur un réseau social, et compléter leur profil pour ensuite conseiller les lycéens qui les contactent.

Finalement, chacun peut s’engager à son niveau, autant pour participer à la valorisation de l’intérêt général mais aussi pour satisfaire son intérêt propre. Par ailleurs, face à l’ampleur que prend l’économie sociale et solidaire aujourd’hui en France, le gouvernement a lancé en début d’année 2018 le mouvement « French Impact » (par rapport à la French Tech). Celui-ci représente l’ESS dans sa globalité tout en l’aidant à se développer via la création d’un accélérateur national et la mise à disposition de fonds. Aujourd’hui, toutes ces solutions semblent alors lui dessiner un bel avenir.

Sources image :

https://www.paris.fr/tropheesess

Anaëlle Lemsele

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *