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Visite au Père Lachaise

Lorsqu’on pense aux cimetières, on en a souvent une idée assez sombre et triste. Ces lieux de souvenirs sont pourtant d’une richesse historique incomparable qu’on tend malheureusement à délaisser. Aujourd’hui, on voudrait vous faire découvrir le cimetière du Père Lachaise pour que vous puissiez à votre tour vous perdre dans ses allées au charme inouï.

Un lieu mythique à l’histoire méconnue

Ce cimetière était à l’origine un jardin entretenu par les jésuites sous le joug de François d’Aix de la Chaise, plus connu sous le nom du Père Lachaise, confesseur du roi Louis XIV. Au début du XIXème siècle, cet espace vert à l’est de Paris est totalement abandonné et devient un objet d’attention aux yeux de la préfecture de Paris car l’inhumation commence à poser des problèmes d’ordre sanitaire. Il s’agit donc de créer dans cet espace un cimetière. Ouvert alors en 1804, le projet ne semble pas fonctionner. Afin de faire fonctionner la machine, on décide donc d’inhumer des célébrités du patrimoine français comme Molière ou Jean de La Fontaine afin d’attirer les gens. Cette opération est un tel succès qu’aujourd’hui, le cimetière du Père Lachaise accueille en son sein les dernières demeures de plus d’une myriade de personnalités, et au total près de 70 000 sépultures.

Divisé en 97 sections, le cimetière du Père Lachaise occupe 43 hectares, ce qui fait de lui le plus grand espace vert de la capitale. Face à l’affluence et à l’intérêt croissant dont il a fait l’objet, il a du subir des agrandissements expliquant ainsi sa topographie particulière. En effet, situé sur l’une des sept collines parisiennes, certaines parties sont plus en pente que d’autres, notamment la partie romantique qui en contraste avec la division du haut ( il s’agit ici de la partie du cimetière accessible depuis la porte Gambetta), est beaucoup plus raide et aux chemins plus tortueux.

Lorsqu’on pénètre dans le cimetière, on est tout de suite frappé par l’entassement des caveaux les uns auprès des autres. On a l’impression qu’il ne reste pas un seul mètre carré pour y installer quoi que ce soit ; et pourtant, plus l’on se balade et plus on ose entrer dans les petits chemins entre les pierres tombales, plus on trouve un endroit en parfaite harmonie avec la nature. Il faut savoir qu’aujourd’hui, l’achat d’une concession se fait pour 30 ans et si cette dernière n’est pas entretenue pendant cette durée, alors au bout des 30 années, la concession est remise en vente. Les ossements et les restes seront alors rapatriés vers l’ossuaire, orné à son entrée par le Monument aux morts d’Albert Bartholomé. Sur certaines pierres tombales, la nature a repris ses droits et la mousse efface à jamais le nom de celle ou celui qui gît à cet endroit sous terre.

 

Un musée de l’art funéraire “à ciel ouvert”

Le cimetière est un véritable musée de l’art funéraire plus que d’autres car il y a en effet des oeuvres datant du XIXème siècle qui côtoient des productions bien plus récentes et pourtant tout aussi étonnantes de sensibilité et de maîtrise du 2ème art. Du style gothique à un minimalisme émouvant, on trouve aussi des mausolées typiquement orthodoxes qui soulignent qu’il s’agit d’un cimetière laïque ouvert à tous les citoyens de Paris.

A cet égard, la dernière demeure de la comtesse de Noailles est d’une beauté frappante. Il s’agit d’une petite chapelle décorée par une peinture murale ou du moins ce qu’il en reste, car ce mausolée a été dégradé dans les années 1980. Si l’on essaye d’y voir un peu plus clair à l’intérieur de cette chapelle, on aperçoit un visage angélique.

En se perdant dans les allées pavées de ce musée funèbre, on tombe aussi par hasard sur des noms historiques qui nous sont familiers : Ledru-Rollin, Parmentier mais aussi Casimir-Perrier… L’histoire de Paris et de France innonde cet endroit et il est vrai qu’en passant devant ses sépultures on aimerait en savoir plus sur ces personnages historiques.

Ici, le calme règne en maître et l’on se sent apaisé, reposé. On redoute même la sortie où l’agitation parisienne bruyante nous ramène brutalement à la vie.
Passez donc au cimetière du Père Lachaise pour méditer, reposer votre esprit. Ne redoutez pas la mort, ce n’est pas ici qu’elle vous mordra.

 

Kenza Benabdelouhab

Source :

https://www.youtube.com/watch?v=MZy_-W9zPww

https://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=70

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