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Voyage au coeur de la couleur : trois questions pour trois artistes lors du vernissage à la Galerie BDMC

     Ce soir-là, ils étaient trois. Trois artistes peu connus du grand public, chacun avec leur histoire, animés par l’envie de peindre le monde. Grâce à la chaleureuse invitation d’Elisa, alors stagiaire à la Galerie Beauté du Matin Calme, je m’y suis rendue pour assister au premier vernissage de ma vie. Nichée au cœur du village Suisse (Métro La Motte Picquet-Grenelle), la Galerie BDMC est une galerie d’art contemporain créée et dirigée par Myeong-Hee KIM, une femme au grand cœur tombée dans les bras de l’art depuis bien des années. 

     Avec pour principal objectif de faire découvrir des talents émergents, de promouvoir des créations originales, et d’accompagner les carrières des artistes à l’international, la galerie BDMC expose avec panache à Paris, en Chine, au Japon et en Corée, mais également à Londres, New-York, Hong-Kong et Dubaï. 

     Le jeudi 24 Janvier, j’ai donc pu assister au vernissage inaugurant l’exposition collective de cinq artistes de talent : David Jones, Christine de Côme (artiste plasticienne), Thierry Ferrand, Elisabeth Auer et Françoise Jetteur (artiste de l’image). Ces trois derniers étant présents, l’occasion fut propice à demander une interview qui me fut généreusement accordée. Décryptage d’Elisabeth Auer, Françoise Jetteur, et Thierry Ferrand autour de trois questions. 

Comment vous décririez vous en tant qu’artiste ? 

Elisabeth Auer : Je suis une artiste qui veut amener la joie, et qui pense que tout est relié ! De la plus petite chose au plus grand des espaces, tout a un lien : mon expression s’incarne dans mes lignes et mes couleurs et j’essaie de faire vivre ce lien qui unit le monde à travers ma peinture. D’une image, on peut suggérer un millier d’autres images. 

Françoise Jetteur : J’ai toujours aimé dessiner, et ce depuis l’enfance. J’ai une formation en arts plastiques, j’ai d’ailleurs été enseignante dans cette matière ! J’ai également suivi des cours d’art numérique pour me perfectionner, car je ne m’estime jamais satisfaite. Je me laisse aller : je n’ai pas de message à faire passer, je laisse mes doigts me guider et j’aime essayer des techniques nouvelles. Je mélange le dessin, la photo, l’art numérique, j’imprime sur différents supports et différents formats. Le point de départ est le dessin, la ligne directrice est de ne pas se limiter, d’essayer des choses ! 

Thierry Ferrand : Je peins depuis 2005, de manière sérieuse et semi-professionnelle. J’ai d’abord peint seul, puis j’ai pris des cours auprès de Clément Robin, un artiste bordelais au style figuratif qui m’a tout appris au niveau des techniques. Ma conception de l’abstrait a évolué et s’est précisée grâce à notre rencontre. Aujourd’hui, j’échange avec lui sur mes tableaux. Aujourd’hui, mon sujet est la couleur, je suis un coloriste qui s’abandonne à l’abstraction lyrique. Parfois, il y a quelque chose de paysager dans mes tableaux, mais tout est toujours très abstrait. Pour ce qui est des outils, j’utilise mes doigts, ma main, des chiffons, des couteaux, des pinceaux…j’utilise beaucoup de choses pour peindre.

(1) Œuvres d’E. Auer exposées lors du vernissage – Galerie BDMC            

(2) Thierry Ferrand – Décryptage

Avez-vous une source d’inspiration notoire ? 

Elisabeth Auer : Tout peut devenir sujet de mon inspiration. Toutefois, je pense que nous puisons tout dans la Nature et qu’elle est à la base de tout, je dirais donc qu’elle est souvent ma muse. 

Françoise Jetteur : Je mets mon crayon sur le papier, en le laissant aller là où le trait l’emporte. À partir de cette forme, je puise mon inspiration. Il y a souvent des animaux, des personnages qui ne sont que très peu réalistes. Le trait en lui-même traduit mon imagination et l’inspiration qui en découle. 

Thierry Ferrand : Je suis aussi musicien, j’écoute beaucoup de musique et j’en fais également : elle ne peut être qu’inspirante. Pour rester dans le domaine de la peinture, je citerais le plus grand coloriste au monde, Monet. C’est un artiste qui a peint 1400 tableaux, et qui a su faire progresser la couleur dans l’histoire de la peinture. Il y a d’autres artistes intéressants comme Clyfford Still, un artiste américain du milieu du XXème siècle dont l’œuvre est représentative de l’abstraction du milieu des années 50, notamment en ce qui concerne le calme et les formes. Je pense qu’il faut aller au musée, parce que c’est dans les musées qu’on apprend le plus : un artiste du 16ème siècle, du 18ème siècle face à sa toile avait des problèmes à résoudre, et aujourd’hui, l’artiste du 21ème siècle fait face aux mêmes problématiques. Il faut se nourrir des musées, des artistes du passé, et du présent. 

(1) À table – Françoise Jetteur

Impression 28,5 X 38,5 – 2016                                                                                  

(2) Françoise Jetteur – Décryptage. 

Quel est votre usage de la couleur ? 

Elisabeth Auer : J’aime toutes les couleurs. Elles sont l’expression conjuguée, les unes avec les autres, d’un ressenti. Le rouge, que j’ai en prédilection, me sert à fusionner deux éléments. Le jaune, quant à lui, représente pour moi l’origine des choses, tandis que le bleu me rapporte à l’idée de matrice. 

Françoise Jetteur : Soit je décide de travailler avec des couleurs très vives, soit très douces. Mais ce ne sera jamais agressif. Même dans le dessin, je ne souhaite apporter ni tristesse, ni agressivité. La plupart des plages de couleurs sont réalisées à l’ordinateur, la couleur est numérique pour moi. 

Thierry Ferrand : J’ai une palette de couleurs très large, j’aime faire vibrer les couleurs et créer des émotions. Mes tableaux sont à la fois des batailles de couleurs et des illustrations de calme et de sérénité : j’essaie de réunir le calme et la tempête ! C’est un brassage de couleurs variées. Je m’interdis toutefois d’utiliser certaines couleurs, comme le noir. Il est trop puissant. J’utilise le blanc uniquement dans mes mélanges, jamais en tant que couleur brute. Si l’on prend l’exemple de la couleur verte, elle apparaîtra suite à une joute entre le bleu et le jaune, et je pense que c’est plus intéressant de travailler ainsi.

                    Œuvres de Thierry Ferrand exposées lors du vernissage – Galerie BDMC. 

Crédits photo : Laura S.

Laura Salinas

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